Le cannabis

Risques associés aux méthodes de consommation du cannabis

Chaque méthode de consommation du cannabis comporte des risques pour la santé qui lui est propre. Cette page présente les risques connus pour les méthodes suivantes :

Les risques associés à la consommation de substances comme le cannabis peuvent s’expliquer par la Loi de l’effet. Comme chaque personne consomme à des fréquences différentes, réagit différemment et que la concentration en THC varie selon le produit, il est difficile de prévoir avec certitude l’intensité, la durée des effets et les effets secondaires possibles.

De façon générale, une consommation du cannabis fréquente, intense et qui perdure dans le temps augmente les risques pour la santé. Il est également connu que la consommation de produits contenant de grandes quantités de THC augmenterait les risques liés à la santé mentale et aux capacités cognitives. Pour en savoir plus sur les risques généraux de la consommation du cannabis, consultez la page Risques de la consommation de cannabis pour la santé.

Si vous consommez ou souhaitez consommer du cannabis, consultez la page Usage à moindres risques. Elle contient des informations qui vous aideront à faire des choix éclairés pour réduire les risques que l’usage de cette substance peut avoir sur vous et votre entourage.

Fumer

Ce sont principalement les fleurs séchées, la résine et certains extraits de cannabis qui peuvent être fumés. Comme pour le tabac, la fumée du cannabis irrite les voies respiratoires et peut provoquer de fortes quintes de toux. La fumée provenant des produits du cannabis comporte des éléments toxiques similaires à ceux du tabac. Elle risque donc de favoriser le développement de maladies pulmonaires, comme une bronchite chronique.

Certaines pipes (bongs) possèdent un réservoir d’eau où la fumée circule avant d’être inhalée. Des consommateurs croient que cette eau filtre les éléments toxiques de la fumée, ce qui n’est pas démontré. L’eau permet toutefois de réduire la température de la fumée et lui donne une sensation plus douce. Toutefois, elle ne réduit pas les risques associés à cette méthode de consommation.

À ce jour, très peu de données existent quant aux risques de la fumée secondaire du cannabis sur la santé. Plusieurs questions à ce sujet restent en suspens. Par précaution, puisque la composition de la fumée secondaire est semblable à celle du tabac, évitez d’exposer votre entourage à la fumée secondaire de cannabis. Consultez la section Préservez vos poumons et ceux de votre entourage qui présente des conseils permettant de réduire les risques lorsque le cannabis est fumé.

Inhaler par vaporisation

L’inhalation d’aérosols produits par la vaporisation de cannabis se fait principalement avec les fleurs séchées et certaines formes d’extraits de cannabis. Bien que cette méthode de consommation pourrait être plus sécuritaire étant donné la quasi-absence de combustion, les données disponibles ne permettent pas d’affirmer que c’est un mode de consommation à privilégier. Par quasi-absence de combustion, on entend que le cannabis séché ou un extrait de cannabis est chauffé à une température inférieure à la température de combustion du produit. Un aérosol contenant les ingrédients actifs est alors généré et inhalé. Puisque le cannabis est chauffé à une température plus faible que celle menant à la combustion, moins de sous-produits toxiques sont libérés dans l’aérosol comparativement à la combustion du produit lorsque fumé.

Technique du tamponnage (dabbing)

Certaines personnes vaporisent la fleur séchée ou certains extraits concentrés de cannabis à l’aide de la technique du tamponnage (dabbing en anglais). Cette technique implique des températures plus élevées de vaporisation. Des substances nocives pour la santé pulmonaire sont alors libérées. Le tamponnage est également parfois associé à des maladies pulmonaires graves.

Les principaux extraits de cannabis utilisés pour le tamponnage contiennent une concentration très élevée en THC. La vaporisation rapide du cannabis peut mener à consommer l’ensemble de la dose de THC en peu de temps, voire en une seule inhalation. Cette pratique peut donc conduire à une surdose ou à des effets secondaires désagréables : anxiété, paranoïa, désorientation, nausée, vomissements.

Il est probable que la consommation par tamponnage comporte un risque plus élevé de développer une tolérance et une dépendance au cannabis puisqu’elle implique l’inhalation de fortes doses de THC en peu de temps. En effet, les personnes qui consomment des extraits concentrés de cannabis rapportent plus de symptômes du trouble de l’usage du cannabis, de dépendance et de sevrage que ceux qui en consomment d’autres formes.

Le terme vapotage est parfois employé pour englober le tamponnage et la vaporisation, mais le vapotage est une méthode de consommation différente.

Vapoter

Les risques connus du vapotage du cannabis sont principalement liés à la concentration en THC et à la possibilité de développer une maladie pulmonaire.

Les produits de vapotage contiennent souvent une forte concentration de THC. Ils peuvent donc provoquer des effets secondaires intenses et augmenter le risque de développer une dépendance ou de vivre un trouble de santé mentale. Le vapotage est également associé au risque de développer une maladie pulmonaire grave. À ce jour, la cause exacte de ce risque est inconnue. Pour en savoir plus, consultez la mise en garde contre le vapotage du cannabis du site Web du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Les autres risques associés au vapotage du cannabis sont mal connus. Comme toute substance ou appareil électronique, des risques existent avec la manipulation des produits de vapotage. Ils sont entre autres associés à des ingestions accidentelles chez les jeunes. Les appareils de vapotage électroniques comportent également des risques de mal fonctionnement pouvant blesser la personne qui vapote, notamment par une explosion.

Ingérer des produits comestibles

L’ingestion de cannabis s’applique principalement aux produits comestibles, comme les huiles, les nanoémulsions, c’est-à-dire des extraits qui se dissolvent dans l’eau, les aliments et les breuvages. Contrairement aux effets du cannabis fumé, qui sont ressentis dans les minutes suivant l’inhalation, ceux des produits comestibles apparaissent seulement de 30 à 60 minutes après l’ingestion, parfois davantage. Une personne qui ne ressent pas les effets peut alors être tentée de consommer une nouvelle dose et se trouver dans une situation de surdose. En surdose, la personne peut ressentir de l’anxiété, de la paranoïa, une désorientation, des nausées, et même vomir.

Les produits de cannabis comestibles peuvent avoir la même apparence et le même goût que les produits alimentaires usuels, ce qui peut mener à une consommation accidentelle. Les enfants sont particulièrement à risque dans ces situations.

Consultez les conseils sur la consommation de produits comestibles de cannabis pour éviter les effets indésirables.

Utiliser des produits du cannabis pour usage topique

Les risques liés aux produits du cannabis pour usage topique, appliqués par exemple sur la peau, les ongles ou les cheveux, sont peu connus. Très peu de données existent quant à cette méthode de consommation.

Le risque le plus probable est l’ingestion involontaire par des enfants, qui peut mener à une surdose et à une hospitalisation. Un ingrédient contenu dans le produit utilisé peut également causer une réaction allergique sur la peau.

Références

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Dernière mise à jour : 23 février 2021, 16:44